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Quel
a été le point de départ du projet
" le long du blues" ?
Nous sommes quatre amis, qui avions envie de faire quelque
chose ensemble, quelque chose de sérieux et dabouti
! LAfrique sest très vite imposée
à nous, de même pour la musique, cétait
ce qui nous rassemblait. Après différentes
recherches, nous nous sommes donc dirigés vers le
Mali, pays originel du blues.
Pour la forme, on sest orienté vers une sorte
de carnet de voyage musical ; un carnet dans lequel le dessin,
la photographie et le texte viendraient retracer notre parcours
vers les racines du blues. Le point essentiel du projet
était donc la musique, nous voulions jouer avec les
musiciens du pays, les enregistrer !
Comment avez-vous défini votre itinéraire
?
Un des facteurs dorganisation du voyage a été
le billet davion. Nous devions, compte tenu des tarifs,
arriver à un endroit et repartir de celui-ci, effectuer
donc une boucle en quelque sorte !
Bamako, Ségou, Mopti, Niafunké, Tombouctou.
Nous avons choisi cinq villes, à distances quasi
égales les unes des autres. Cinq villes qui, en suivant
le cours du fleuve, nous permettraient dapprocher
petit à petit des racines du blues. Bamako, la capitale,
se présente comme un patchwork musical ; de nombreuses
influences sy mélangent. Niafunké, ville
dAli Farka Touré, apparaissait comme le lieu
où lon devait toucher au but, trouver les racines
! Tombouctou, longtemps interdite aux occidentaux, faisait
partie de la symbolique du voyage, tout comme le fleuve
; de plus il nous semblait intéressant daller
un peu plus loin, de continuer à creuser !
Pourquoi seulement des villes ? Pourquoi ne pas sêtre
rendu dans les villages ? Tout simplement parce quil
nous semblait quil serait plus simple détablir
les contacts nécessaires dans les villes. Je pense
quil aurait fallu deux à trois fois plus de
temps dans les villages !
Comment
vous êtes vous organisés sur place ?
Nous avions peu de contacts à priori. Nous disposions
de noms de musiciens, cest à peu près
tout !
Une fois sur place, on sest donc dirigé vers
des lieux tels que le centre culturel français afin
deffectuer des recherches plus approfondies.
Nous avons aussi pris contact avec une boîte de production,
Mali cassette, qui nous a un peu dérouté à
vrai dire. Elle nous a en effet fait prendre conscience
de la difficulté que nous aurions à jouer
avec les stars du blues malien, ou tout du moins à
obtenir un résultat que nous pourrions ensuite facilement
exploiter !
On a tout de même décidé de se rendre
chez Toumani Diabaté (un joueur de cora renommé)
qui, à défaut de pouvoir jouer avec nous,
nous a orienté vers des musiciens moins connus qui
font partie de son entourage. Il est fréquent en
effet quautour des musiciens reconnus se crée
une certaine émulation, des cours sont donnés
etc.
Le contact nétait finalement pas si compliqué
; nous nous rendions donc chez les grands pour prendre contact
avec les autres. Il arrivait aussi que lon joue avec
les orchestres du coin, il y en avait toujours.
Vous avez joué avec les musiciens de là-bas.
Que leur apportiez vous en échange ?
On répétait, on jouait et on enregistrait.
En échange on effectuait un enregistrement pour eux,
un enregistrement sur lequel ils jouaient seuls.
Il faut savoir que là-bas, ce nest vraiment
pas facile de réaliser une maquette, nous le faisions
donc pour eux et avec un matériel beaucoup plus professionnel
que ce quils pouvaient posséder. Le Mali est
le royaume de la cassette, à Tombouctou je crois
quune seule personne possède un mini disc !
Nous en venons donc au matériel, quaviez vous
emporté ?
Et bien pour la musique, comme je viens de le dire nous
avion un mini disc, simple et léger. Cest ce
qui nous a semblé être la meilleure alternative
au matériel volumineux et compliqué des studios
denregistrement ! Javais de plus fabriqué
un micro de très bonne qualité, avec laide
de monsieur Mohammed Elliq (professeur délectronique
à lENS Louis Lumière), sur la base dune
raquette de ping-pong (plutôt maniable et économique).
Pour la photographie, jai choisi de partir avec deux
formats dappareil, un reflex 24x36 monté avec
un 24mm comme objectif et un moyen format (Roleiflex ancien
model). De la même façon, je ne suis parti
quavec deux types film, de la TriX pour le 24x36 et
de la Kodak Portra 400 UC pour le moyen format, et ce afin
davoir une certaine unité dans mes images.
Quand au dessin, le matériel était assez classique,
des carnets, puis différents mediums comme laquarelle
suite de l'interview
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