Le long du blues
Association Bobby Watson



© Arthur Andrieu


Quel a été le point de départ du projet " le long du blues" ?
Nous sommes quatre amis, qui avions envie de faire quelque chose ensemble, quelque chose de sérieux et d’abouti ! L’Afrique s’est très vite imposée à nous, de même pour la musique, c’était ce qui nous rassemblait. Après différentes recherches, nous nous sommes donc dirigés vers le Mali, pays originel du blues.
Pour la forme, on s’est orienté vers une sorte de carnet de voyage musical ; un carnet dans lequel le dessin, la photographie et le texte viendraient retracer notre parcours vers les racines du blues. Le point essentiel du projet était donc la musique, nous voulions jouer avec les musiciens du pays, les enregistrer !

Comment avez-vous défini votre itinéraire ?

Un des facteurs d’organisation du voyage a été le billet d’avion. Nous devions, compte tenu des tarifs, arriver à un endroit et repartir de celui-ci, effectuer donc une boucle en quelque sorte !
Bamako, Ségou, Mopti, Niafunké, Tombouctou. Nous avons choisi cinq villes, à distances quasi égales les unes des autres. Cinq villes qui, en suivant le cours du fleuve, nous permettraient d’approcher petit à petit des racines du blues. Bamako, la capitale, se présente comme un patchwork musical ; de nombreuses influences s’y mélangent. Niafunké, ville d’Ali Farka Touré, apparaissait comme le lieu où l’on devait toucher au but, trouver les racines ! Tombouctou, longtemps interdite aux occidentaux, faisait partie de la symbolique du voyage, tout comme le fleuve ; de plus il nous semblait intéressant d’aller un peu plus loin, de continuer à creuser !
Pourquoi seulement des villes ? Pourquoi ne pas s’être rendu dans les villages ? Tout simplement parce qu’il nous semblait qu’il serait plus simple d’établir les contacts nécessaires dans les villes. Je pense qu’il aurait fallu deux à trois fois plus de temps dans les villages !

Comment vous êtes vous organisés sur place ?
Nous avions peu de contacts à priori. Nous disposions de noms de musiciens, c’est à peu près tout !
Une fois sur place, on s’est donc dirigé vers des lieux tels que le centre culturel français afin d’effectuer des recherches plus approfondies.
Nous avons aussi pris contact avec une boîte de production, Mali cassette, qui nous a un peu dérouté à vrai dire. Elle nous a en effet fait prendre conscience de la difficulté que nous aurions à jouer avec les stars du blues malien, ou tout du moins à obtenir un résultat que nous pourrions ensuite facilement exploiter !
On a tout de même décidé de se rendre chez Toumani Diabaté (un joueur de cora renommé) qui, à défaut de pouvoir jouer avec nous, nous a orienté vers des musiciens moins connus qui font partie de son entourage. Il est fréquent en effet qu’autour des musiciens reconnus se crée une certaine émulation, des cours sont donnés etc.…
Le contact n’était finalement pas si compliqué ; nous nous rendions donc chez les grands pour prendre contact avec les autres. Il arrivait aussi que l’on joue avec les orchestres du coin, il y en avait toujours.

Vous avez joué avec les musiciens de là-bas. Que leur apportiez vous en échange ?

On répétait, on jouait et on enregistrait. En échange on effectuait un enregistrement pour eux, un enregistrement sur lequel ils jouaient seuls.
Il faut savoir que là-bas, ce n’est vraiment pas facile de réaliser une maquette, nous le faisions donc pour eux et avec un matériel beaucoup plus professionnel que ce qu’ils pouvaient posséder. Le Mali est le royaume de la cassette, à Tombouctou je crois qu’une seule personne possède un mini disc !

Nous en venons donc au matériel, qu’aviez vous emporté ?

Et bien pour la musique, comme je viens de le dire nous avion un mini disc, simple et léger. C’est ce qui nous a semblé être la meilleure alternative au matériel volumineux et compliqué des studios d’enregistrement ! J’avais de plus fabriqué un micro de très bonne qualité, avec l’aide de monsieur Mohammed Elliq (professeur d’électronique à l’ENS Louis Lumière), sur la base d’une raquette de ping-pong (plutôt maniable et économique).
Pour la photographie, j’ai choisi de partir avec deux formats d’appareil, un reflex 24x36 monté avec un 24mm comme objectif et un moyen format (Roleiflex ancien model). De la même façon, je ne suis parti qu’avec deux types film, de la TriX pour le 24x36 et de la Kodak Portra 400 UC pour le moyen format, et ce afin d’avoir une certaine unité dans mes images.
Quand au dessin, le matériel était assez classique, des carnets, puis différents mediums comme l’aquarelle…

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