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Le
carnet de voyage est un medium dexpression à
priori assez personnel et intime, comment avez-vous organisé
la production de ce carnet collectif ?
Chacun a réalisé son propre carnet, nous avons
plutôt travaillé chacun de notre coté.
Cela semblait beaucoup plus simple. Nous ressentions chacun
nos propres besoins, nos propres envies. Si lon sappuyait
les uns sur les autres, il était hors de question
dinterférer dans le travail des autres !
Pour le texte cétait un petit peu différent.
Si chacun prenait des notes de son coté, nous nous
réunissions avant de partir de chacune des villes
pour les mettre en commun et rédiger un texte général.
Pour parler maintenant plus particulièrement de
la photographie (puisque cest ton domaine), comment,
pour toi, intervient-elle dans limmersion du voyageur
? Quand est-ce que tu sortais ton appareil ?
Au Mali, cest assez délicat de prendre des
photos. Disons que la photographie là-bas est envisagée
comme un loisir de riche. Il était assez difficile
de ne pas passer pour le touriste de base au près
de la population, de leur faire comprendre que je travaillais
! Jai cependant eu loccasion de travailler au
prêt dun photographe à Bamako, ce qui
ma certainement permis de comprendre un peu mieux
le rapport des gens avec la photographie. Il ma peut-être
permis dappréhender un peu plus facilement
cette approche perverse de la photographie que peuvent avoir
les personnes là-bas, cette approche liée
à largent !
Javais tout le temps mon appareil sur moi, je le sortais
un peu au « feeling » ! Pour moi, le roleiflex,
permet une meilleure immersion, cest un appareil qui
facilite le contact, on regarde les gens dans les yeux quand
on prend une photo, il y a un réel échange
! Cette photo te permet une meilleure compréhension
de ce qui tentoure, cest je pense plus propice
à lintime.
Je pense aussi que quelques fois, à linverse,
je me réfugiais derrière mon appareil, on
prend un peu de distance
on se cache
Il faut aussi
que le photographe ne fasse que passer, il ne doit rien
rester sur le moment, ou presque, cest un spectateur
!
En fait cest plutôt maintenant que les photos
me parlent ! Cest aujourdhui que je comprends.
Elles deviennent les vecteurs de mes sentiments, elles expriment
un peu ma mémoire.
Et après la route du blues, il y a quoi ?
On se dirige vers un projet sur les Balkans, un projet multiple,
les graphistes se sont rendus en décembre dernier
à Sarajevo avec un géopoliticien. Moi je suis
allé avec un camarade de lécole (Fabien
Terreaux) dans une enclave serbe à coté de
Pristina pour réaliser un atelier de sténopé
avec des enfants. Je pense quil y a quelque chose
à faire ! Sinon, Clément a créé
un groupe de musique sous laile de lassociation
Bobby Watson. Enfin, il y a tout plein de choses que lon
a envie de faire ! On essaye de faire connaître lassociation
et pas seulement pour le long du blues !
carnets de
route >>
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