Le long du blues
Association Bobby Watson



© Arthur Andrieu


Le carnet de voyage est un medium d’expression à priori assez personnel et intime, comment avez-vous organisé la production de ce carnet collectif ?
Chacun a réalisé son propre carnet, nous avons plutôt travaillé chacun de notre coté. Cela semblait beaucoup plus simple. Nous ressentions chacun nos propres besoins, nos propres envies. Si l’on s’appuyait les uns sur les autres, il était hors de question d’interférer dans le travail des autres !
Pour le texte c’était un petit peu différent. Si chacun prenait des notes de son coté, nous nous réunissions avant de partir de chacune des villes pour les mettre en commun et rédiger un texte général.

Pour parler maintenant plus particulièrement de la photographie (puisque c’est ton domaine), comment, pour toi, intervient-elle dans l’immersion du voyageur ? Quand est-ce que tu sortais ton appareil ?
Au Mali, c’est assez délicat de prendre des photos. Disons que la photographie là-bas est envisagée comme un loisir de riche. Il était assez difficile de ne pas passer pour le touriste de base au près de la population, de leur faire comprendre que je travaillais ! J’ai cependant eu l’occasion de travailler au prêt d’un photographe à Bamako, ce qui m’a certainement permis de comprendre un peu mieux le rapport des gens avec la photographie. Il m’a peut-être permis d’appréhender un peu plus facilement cette approche perverse de la photographie que peuvent avoir les personnes là-bas, cette approche liée à l’argent !
J’avais tout le temps mon appareil sur moi, je le sortais un peu au « feeling » ! Pour moi, le roleiflex, permet une meilleure immersion, c’est un appareil qui facilite le contact, on regarde les gens dans les yeux quand on prend une photo, il y a un réel échange ! Cette photo te permet une meilleure compréhension de ce qui t’entoure, c’est je pense plus propice à l’intime.
Je pense aussi que quelques fois, à l’inverse, je me réfugiais derrière mon appareil, on prend un peu de distance…on se cache…Il faut aussi que le photographe ne fasse que passer, il ne doit rien rester sur le moment, ou presque, c’est un spectateur !
En fait c’est plutôt maintenant que les photos me parlent ! C’est aujourd’hui que je comprends. Elles deviennent les vecteurs de mes sentiments, elles expriment un peu ma mémoire.

Et après la route du blues, il y a quoi ?

On se dirige vers un projet sur les Balkans, un projet multiple, les graphistes se sont rendus en décembre dernier à Sarajevo avec un géopoliticien. Moi je suis allé avec un camarade de l’école (Fabien Terreaux) dans une enclave serbe à coté de Pristina pour réaliser un atelier de sténopé avec des enfants. Je pense qu’il y a quelque chose à faire ! Sinon, Clément a créé un groupe de musique sous l’aile de l’association Bobby Watson. Enfin, il y a tout plein de choses que l’on a envie de faire ! On essaye de faire connaître l’association et pas seulement pour le long du blues !


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