Le Temps. Idée ? Concept ? Réalité ?
J’ai décidé de me balader entre Gao et Tombouctou au Mali, pendant un mois. A l’ombre du soleil, sous une douce quiétude africaine. Un millier de photos reflètent quelques parcelles d’instants. Parmi elles une vingtaine d’images. 1/125ème d’aéroport, 1/60ème d’avion, quelques 1/250ème de corps et de rayons lumineux, plusieurs millièmes de fleuve et de désert. En tout, peut-être une seconde d’éternel, vivante et figée à la fois. Une petite histoire au Nord du Mali, en 2002. Une histoire d’hommes et de femmes dans un pays où les sourires pleuvent plus que les gouttes.
Un photographe passe, observe, témoigne d’un monde nouveau pour lui. Un étrange univers ancré dans une réalité perdue aux confins du désert.

Gao. Une ville presque irréelle. Un demi kilomètre de route asphaltée, 50000 habitants, des dizaines de coopérants issus de dizaines d’ONG, et puis la pauvreté et la sècheresse. Les enfants jouent au ballon ou saluent le Toubabou (blanc). Des gens essaient patiemment de vivre. On attend la pluie. Le niveau du fleuve est bas cette année, mais le coucher de soleil est exceptionnel pour les touristes.

C’est l’heure, j’embarque pour Tombouctou, ville mythique. Nous survolons le majestueux Niger, fleuve aux méandres virevoltants et dansants qui irrigue tout sur son passage, à 30 pieds d’altitude, en regardant passer les pirogues. Les ailes du petit Cessna 207 s’apprêtent à glisser doucement vers la piste d’atterrissage après 2 heures de vol. Que reste-t-il de cette ville où les premiers étrangers furent assassinés afin de ne pas révéler l’existence du lieu ? Ici, personne ne semble savoir ce qu’il attend ni ce qui l’attend, mais ne s’en soucie guère. Regarder les gens vivre semble être le meilleur moyen de continuer à vivre soi. Un peu de tourisme, un peu d’agriculture et beaucoup de chômage. Hormis les ONG, presque personne n’embauche. Pas de travail dans le Nord. Les études, c’est à Bamako. Le travail aussi. Ici, le désert et la gentillesse. Le temps s’écoule, peut-être. Comme une poignée de sable dans un sablier, et recommence.

Christophe Smets

Galerie


R
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CARTES BLANCHES


Gao
Tombouctou

Christophe Smets
collectif LUNA
2002

 

 

 

 

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