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La
fenêtre du train est un cadre qui sépare
deux espaces : l'un, clos et réduit, dans lequel
le passager évolue ; l'autre, immense, qui défile
sous ses yeux. Quel est le référentiel?
Quel espace se déplace par rapport à l'autre?
La perception du passager n'est en rien troublée
par cette notion tant que le film se déroule dans
l'écran qu'est la fenêtre. D'autant que ces
espaces où la trace de l'homme est quasi-omniprésente
lui sont toujours familiers.
Pourtant, une fois ces paysages figés sous forme
de photographies, la perception change totalement : d'abord,
le paysage peut être contemplé sans contrainte
temporelle ; De plus, les sujets photographiés
ne sont pas ceux dont le passager se souvient. La combinaison
de la vitesse du train et de la technique photographique
propose au spectateur des paysages flous par endroit,
nets ailleurs ; les images inventent donc des espaces
que le passager n'a pas vus. Il connaît le sujet,
mais la photographie crée une image nouvelle.
« Vite ! » comme notre société
moderne et pressée qui n'a pas toujours le temps
de regarder. Au travers de ces photographies, le spectateur
peut prendre tout son temps pour contempler des images
qui n'existaient pas.
« Vite ! » également dans le choix
de la technique numérique qui autorise un grand
nombre d'images. Images vite enregistrées.
« Paysages vite ! » entend créer de
nouvelles images à partir d'un sujet très
quotidien, tout en interrogeant notre perception de notre
environnement. Ce projet, commencé en juillet 2003,
continue de façon systématique lors de chaque
voyage en train, en France comme à l'étranger.
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©
Tadzio
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