Rencontre avec Xavier Vayron








© Isabelle Vayron

Le Tour du monde des musiques traditionnels d'Isabelle et Xavier Vayron est un réel exemple pour bon nombre de créateurs de projets de tdm. Un bouquin, des films documentaires, des expos...Tout un programme. Si les départs sont intéressants, les retours le sont aussi.Rencontre avec Xavier à la terrasse bruyante d'un café parisien.

Comment s'est passé le retour ?
Dans les premiers temps, on a essayé de rassembler tout ce qu'on avait comme matériaux, video, audio carnet de bord et photo. On a été contacté par un éditeur, Aymeric Fisset de Transboréal. Il nous connaissait déjà par notre site internet. Il nous a présenté des délais très brefs en nous disant que dans un mois, il fallait que nous sachions ce que nous voulions raconter dans un livre. Isabelle a écrit pendant tout l'été. Pour ma part je m'occupais de la numérisation des cd.

Comment avez-vous pu choisir parmi toutes ces musiques ?
Pas évident ! Isabelle avait ses préférences, moi les miennes. J'ai choisi les musiques qui d'un point de vue technique étaient bonnes ou excellentes, et j'ai essayé de recouper avec ses écrits, pour que certains passages des textes se retrouvent sur les cd.

Comment s'est déroulé le travail sur les images réalisées?
Pendant le voyage, nous envoyions régulièrement nos mini dv à notre société de production. Un premier monteur a ainsi réalisé 30 épisodes de 8 minutes sur notre quotidien, nos rencontres avec les musiciens. La société de production a demandé par la suite à un second monteur, Xavier Ficher, de réaliser un 58 minutes qui aurait pour angle l'évolution des psychologies entre Isabelle et moi au cours du voyage.

Quelle a été votre réaction face à cette thématique?
On a déjà regretté d'avoir changé de monteur, mais d'un autre côté, il était intéressant d'avoir le regard neuf de quelqu'un qui n'avait pas le nez dans le guidon. On a commencé par regretter qu'il n'y ait pas plus de musique dans le film de 58 minutes, qu'on ne parle pas des 21 pays que nous avions traversé et dont certains pays sont passés à la trappe ; on avait très peur que notre projet ne soit pas mis en avant, mais ils se sont arrangés pour que ce soit un film sur notre manière d'appréhender le voyage et l'autre.

Est-ce que vos futures expositions sont une manière de poursuivre le voyage ?
Il y aura deux types d'expos : les expos photo en France qui sont pour nous, comme le site internet, une manière de partager le voyage et notre histoire, de faire connaître le bouquin, et de persuader les gens de foutre le camp de chez eux, d'aller jusqu'au bout de leurs rêves, notre éternel leitmotiv ! Les expos multimédias que nous comptons organiser à l'étranger nous permettrons de revoir les musiciens croisés sur la route, et de fait cela nous permettra de poursuivre le voyage.

Vous entretenez encore des rapports avec ces musiciens ?
On écrit des e-mail ou des lettres avec une bonne moitié des musiciens de manière très régulière, ou avec des gens qui les connaissent de près.

Des conseils à donner pour le retour de projet ?
Il faut se donner beaucoup de latitude : arrivé en France, j'avais envie de me mettre très vite au travail, de m'investir professionnellement. Au final, entre le bouquin et les projets que l'on s'était fixés avec Isabelle, cela été impossible, et ce n'est pas plus mal. Dès le début, j'aurais dû prendre conscience que faire ressortir tout ce qu'on avait vécu et enregistré représentait beaucoup de travail. Il faut se donner largement un an de latitude pour digérer un tel projet .
En deux mots, au retour il faut se donner de la latitude, prendre le temps et ne pas avoir de regrets.


Plus loin:

Galerie de photographies des musiciens et extraits de musiques prises sur la route

Leur site internet

Commander leur livre (Échos d'Orient, Visions de glaneurs de musiques 128 pages, 160 photos et 2 Cd-Audio (2h 30 de musique)
Ed Transboréal 2001







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