Jeunesse/Solidarité Internationale - JSI
En 1997, le secrétariat d’État à la Coopération a créé le programme JSI calqué sur le programme Ville, Vie, Vacances/Solidarité Internationale qui permet à des jeunes issus de quartiers défavorisés de participer à des actions de solidarité internationale. Il s’agissait alors de répondre aux sollicitations de l’ensemble des jeunes souhaitant réaliser des projets de solidarité internationale quelle que soit leur situation personnelle.
Ce programme vise depuis cette date à soutenir la rencontre de jeunes de 15 à 25 ans du Nord et du Sud par la réalisation de projets de solidarité internationale communs dans un pays de la Zone de olidarité Prioritaire du ministère des Affaires étrangères (ZSP) ou en France. Ce programme est le fruit d’un travail paritaire des pouvoirs publics et des associations, réunis au sein du Groupe Jeunesse de la Commission Coopération Développement. Ce programme fut doté à l’origine d’une enveloppe de 1MF. Cette dotation augmentera jusqu’à atteindre 1,7 MF en 2000, 2001, et sera légèrement augmentée en 2002 et 2003, jusqu’à 280 000 €.
En 2004, la dotation a été de 265 000 € et elle sera de 266 000 € pour 2005.
Le but du programme est de promouvoir des activités collectives, solidaires et durables, entre groupes de jeunes du Nord et du Sud, au Nord et/ou au Sud, soutenus par des associations de solidarité internationale ou des mouvements de jeunesse. Ces activités, à visée sociale et éducative, doivent permettre aux jeunesses du Sud et du Nord de se rencontrer, de se connaître, d’échanger et d’agir ensemble, afin :
> d’apporter un soutien aux mouvements de jeunesse et aux associations s’adressant aux jeunes, par le biais d’échanges et d’actions conjointes de renforcement des capacités humaines
> d’encourager l’action des organisations de jeunesse, en faveur de la paix, de la cohésion sociale, de l’implication des jeunes dans les activités locales et de la démocratisation des sociétés.
Le suivi et la mise en œuvre du programme relèvent du ministère des Affaires étrangères qui s’est entouré d’un Comité de Suivi, paritaire et consultatif.
Critères d’éligibilité
Les actions doivent garantir :
1. un engagement réel des jeunes dans l’action de solidarité internationale pour laquelle un cofinancement est sollicité : participation financière des jeunes, participation au montage du dossier, à la recherche de fonds, à la restitution de l’action au retour, à l’élaboration du compte rendu technique et financier de l’action (Fiche Technique n° 3)
2. une implication réelle du parrain, le rôle du parrain est clairement défini dans la Fiche Technique n°1 relative au parrainage et dans la convention de parrainage (annexe 1d), document qui devra impérativement être signé par l’association opératrice et l’association de parrainage,
3. un partenariat clairement identifié, entre l’association française porteuse du projet et une association
du Sud représentative de la société civile, engagées toutes deux dans un projet co-élaboré (appropriation de la démarche par les deux acteurs concernés), et impliquant, si possible, au Sud, les autorités locales et, au Nord, les collectivités territoriales (Fiche Technique n° 2),
4. une préparation indispensable en amont qui tienne compte de l’environnement spécifique du projet et recherche :
> un impact réel de l’action, une utilité sociale et une dynamique fédératrice,
> une faisabilité réelle, étudiée, mesurée, engageant le moins de coûts induits pour son entretien
ou son suivi (en termes de salaires, de maintenance ou de renouvellement)
> des effets de levier et démultiplicateurs (Fiche Technique n° 4),
5. un projet à caractère durable, intégré dans des initiatives à dominante économique, éducative ou sociale, excluant les actions ponctuelles et improvisées. L’action menée avec les jeunes doit prévoir les conditions de sa pérennisation, de son suivi, voire de son renouvellement ; les partenaires locaux doivent être particulièrement impliqués dans cette phase du projet. Il est nécessaire d’indiquer l’impact attendu de l’action, le nombre de personnes impliquées, bénéficiaires ou acteurs, les frais induits par les réalisations effectuées, (Fiche Technique n° 4)
6. un suivi de l’action par le groupe de jeunes avec les partenaires locaux impliqués : cette phase doit être travaillée avant la réalisation proprement dite,
7. un travail essentiel de bilan/évaluation/restitution de l’action lors du retour du groupe en valorisant notamment les initiatives d’éducation au développement, (Fiche Technique n° 6)
8. un encadrement impliqué dans l’action, pour des groupes comprenant des mineurs, et dont la qualification relève de la législation en vigueur (se renseigner auprès des Directions Départementales de la Jeunesse et des Sports).
Organismes éligibles et parrainage
Organismes éligibles
Les demandes de cofinancement éligibles à ce programme doivent émaner d’associations de solidarité internationale, ou de mouvements ou fédérations de jeunesse, du Nord.
Les associations requérantes devront fournir la copie de la déclaration au Journal Officiel, les statuts et la composition du Bureau de l’association.
Toutefois :
> si la demande émane d’associations françaises locales affiliées à des mouvements ou fédérations
nationales, elles devront s’adresser au préalable à leur structure nationale chargée de relayer leur requête auprès du ministère des Affaires étrangères,
> les demandes émanant d’établissements scolaires, d’enseignement général, universitaire, technique ou agricole ne sont pas éligibles. En effet, compte tenu du montant de l’enveloppe financière allouée à ce programme, il n’est pas possible de retenir les projets émanant de ces structures, qui doivent, dès lors, rechercher des soutiens auprès de leurs administrations de tutelle.
Parrainage
Toute association requérante doit être parrainée par une association de solidarité internationale reconnue.
L’association qui parraine doit aider les acteurs de l’action à monter leur projet et les informer des difficultés qu’ils peuvent rencontrer. Elle veillera à ce que l’action s’inscrive dans la durée, favorise la citoyenneté et renforce le partenariat entre l’association opératrice, les organisations de solidarité internationale, les collectivités territoriales et les partenaires du Sud. Elle est le garant moral du suivi technique et financier du projet vis-à-vis des pouvoirs publics français et des autorités du pays d’accueil. Elle doit vérifier scrupuleusement le respect des critères d’éligibilité du dossier.
Si le projet est retenu, elle est destinataire des crédits accordés par le ministère des Affaires étrangères. L’action de parrainage fait l’objet d’une convention signée entre le parrain et l’association parrainée (Annexe 1d).
> Pour les associations locales affiliées à des structures nationales, la structure nationale sera leur parrain.
> Si la requête émane d’associations françaises locales, non rattachées à des fédérations ou mouvements de jeunesse membres de collectifs d’associations de solidarité internationale, elles devront impérativement solliciter le parrainage d’une association habilitée. Dans ce cas, il est recommandé aux associations de privilégier un parrain géographiquement proche ou qui a déjà l’habitude de travailler avec elles.
Sont seules habilitées à parrainer les actions, les associations membres de l’un des six collectifs de la Commission Coopération Développement (présentation et coordonnées annexe3 ).
Public concerné
Les jeunes :
Le public jeune concerné par ce programme doit être composé :
> quand le projet se déroule à l’étranger, de groupes de 5 à 16 jeunes de France
> quand le projet se déroule en France, d’un groupe de 5 à 16 jeunes étrangers d’une part, accueillis par 5 à 16 jeunes de France d’autre part.
Ces jeunes, quelle que soit leur nationalité, devront être âgés de 15 à 25 ans, issus de tous les milieux sociaux et professionnels. Il est préférable que les groupes soient mixtes (filles et garçons, jeunes de milieux et d’origines variés).
Seuls 20 % maximum des jeunes du groupe peuvent avoir réalisé une action JSI déjà financée par le ministère des Affaires étrangères, ceci afin de garantir un renouvellement des jeunes qui participent à ces actions.
Ces actions doivent en priorité être réalisées en partenariat avec des jeunes du pays où se déroule le séjour, notamment dans le village ou le quartier qui accueille le groupe.
L’encadrement :
En ce qui concerne l’encadrement, l’aide financière accordée par le ministère des Affaires étrangères prendra en charge :
> 1 encadrant (2 si le groupe comporte des mineurs) quand le projet se déroule à l’étranger,
> 1 encadrant du Sud quand le projet se déroule en France.
Nature des actions éligibles
Il s’agit de soutenir des projets de développement :
> à caractère social, culturel (théâtre, musique, danse, sculpture...), éducatif ou sportif,
> ou des chantiers de construction, de réhabilitation, d’aménagement, dans les domaines rural, urbain ou environnemental.
Au Sud, quelle que soit la nature de l’action retenue, elle devra faire l’objet d’une description précise tant dans ses modalités d’identification que de réalisation et de pérennisation (pourquoi, avec qui, comment, pour qui...). Les actions prévues en France doivent elles aussi correspondre à un véritable projet collectif mené de concert par les jeunes du Sud accueillis et par les jeunes du Nord qui les accueillent (chantiers, projet social, culturel, sportif...).
Le programme JSI ne peut en aucun cas financer de simples voyages/découvertes.
Attention : Actions non éligibles au programme JSI :
> les projets de collecte, notamment de médicaments (Fiche Technique n°5), de produits alimentaires ou de matériel scolaire. Ceux-ci sont fortement déconseillés en raison des problèmes que pose généralement ce type d’actions : produits peu adaptés aux besoins, risques de déstabilisation de l’économie locale, risques de dépendance des populations bénéficiaires, détournements, trafics...
> les projets de convoi de véhicules,
> les programmes ou projets présentés directement par des organisations de jeunesse du Sud ne sont pas éligibles dans ce programme mais peuvent relever d’autres financements du ministère des Affaires étrangères, (se renseigner auprès de la Mission pour la Coopération non-gouvernementale)
> les projets de prévention et d’information sur le SIDA ou les MST qui nécessitent une préparation, un encadrement et une maîtrise très pointus du sujet,
> les projets d’enseignement du français ou de soutien scolaire, qui nécessitent un encadrement professionnel expérimenté,
> les stages diplômants à caractère obligatoire dans un cursus scolaire ou universitaire. L’établissement scolaire devra alors attester par écrit que le projet ne s’inscrit pas dans un cursus scolaire obligatoire. L’association devra fournir ce document lors du dépôt du dossier.
> les projets dispersés (plusieurs sites et/ou thèmes d’action).
Lieux d’intervention et durée des actions
Les projets doivent se dérouler :
> soit dans les pays relevant de la zone de solidarité prioritaire (ZSP) du ministère des Affaires étrangères (liste annexe 1).
> Le programme encouragera, dans ce cas, les échanges avec les pays engagés dans un processus de démocratisation et écartera les pays ou régions en situation d’insécurité. Pour les départements d’outre-mer, les projets se déroulant dans les pays avoisinants seront prioritaires.
> soit en France.
La durée moyenne des actions doit se situer entre 3 et 4 semaines, dont au moins 10 jours pleins ou 20 demi-journées sont consacrés à l’action de développement.
A titre exceptionnel, les projets qui se déroulent pendant les petites vacances scolaires pourront être plus courts, mais devront prévoir au moins 10 jours pleins consacrés à cette action.
Dans tous les cas, les dossiers devront obligatoirement comporter un planning précis de l’action.
Partenariat
Le ministère des Affaires étrangères a retenu comme prioritaires les projets visant à renforcer les capacités des acteurs de la société civile au Sud. Les projets JSI doivent également contribuer à cet objectif majeur.
A ce titre, l’implication de(s) partenaire(s) du Sud dans l’élaboration du projet, sa réalisation et son suivi sur le terrain doit être réelle et permanente. Le ministère sera particulièrement attentif aux modalités de pérennisation et d’appropriation du projet par les partenaires locaux et les populations bénéficiaires de l’action. Ces modalités devront être particulièrement détaillées et expliquées dans le dossier.
Le projet doit être conçu comme participant à une action de développement local pertinente et souhaitée, pérenne et viable.
Les évaluations antérieures confirment la nécessité d’avoir pour objectifs des réalisations concrètes répondant aux besoins exprimés par les partenaires du Sud. Les partenaires du Sud doivent être représentatif(s) de la société civile locale (association, communauté villageoise, groupement...). À ce titre, un partenariat initié avec une collectivité locale (commune, département, province) devra nécessairement pouvoir associer une structure représentative de la société civile locale. La note d’engagement, demandée en annexe 1d du dossier, matérialise et contractualise le partenariat et les modalités techniques et financières de celui-ci. Elle ne saurait être considérée comme un simple document administratif.
Éducation au développement :
Préparation et restitution
Le séjour ne peut être envisagé sans le préalable d’une période active de préparation en France de l’ordre d’au moins six mois, sous la responsabilité de l’association organisatrice.
Cette phase de préparation doit prévoir, très en amont, l’organisation, au retour, d’actions de bilan et de restitution, qui seront autant d’opportunités de donner aux participants et à leur entourage l’occasion d’amorcer une réflexion sur les enjeux de la coopération internationale, des effets de la mondialisation et l’accroissement des inégalités. Ces actions de restitution entendent favoriser des rapports nouveaux avec les populations du Sud et délivrer un message positif sur la coopération internationale. L’association porteuse du projet doit décrire de façon détaillée les actions envisagées pour restituer l’action et en dresser le bilan avec le groupe, individuellement avec chaque jeune et avec les autres acteurs engagés dans le projet, notamment les partenaires locaux.
Cette restitution devra être la plus large possible et donner aux jeunes la possibilité de valoriser leur expérience auprès de leur famille, de leurs amis, de leur quartier, de leur ville, de leur école, de leur centre de formation, de leur entreprise...
Les associations sont invitées à inscrire, autant que faire se peut, leurs actions de restitution lors de la Semaine de la Solidarité Internationale (SSI) qui se tient désormais chaque année durant la deuxième quinzaine de novembre à travers le territoire français. Pour plus d’informations, vous pouvez contacter le CRID
Tél. : 01 44 72 07 71
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