Alternative nomade
Le bus, une installation multimédia itinérante proposée par un collectif marseillais.

LE BUS est une création proposée par un collectif marseillais et produit par Le Caravansérail, société de création audiovisuelle et de design sonore. Leur démarche artistique s’articule autour du voyage et de la rencontre, elle mêle cinéma documentaire, art vidéo, photographie et chronique de voyage.
Proche du public, des gens, avec eux, Alternative Nomade se concrétise aujourd’hui sous la forme d’une structure de diffusion originale et symbolique : un bus dissimulé sous un chapiteau, ou pouvant être stationné dans une halle/friche. Sous cette structure pouvant accueillir en même temps soixante à soixante-dix personnes, une vingtaine de passagers pénètrent à l’intérieur du bus par la porte avant, dans la partie simulateur, et une autre vingtaine dans le salon documentaire. Le déambulatoire, lieu de convivialité et d’exposition reste en libre accès.
Dans le simulateur
L’un des passagers s’installe au volant, les autres sur des banquettes ou sur des sièges individuels, disposés de manière à ce que chacun puisse avoir une vision globale de l’espace. Certains restent debout. Chacun entre et sort librement du simulateur, c’est un entre sort. Grigris, autocollants, couleurs vives... La décoration intérieure est un curieux mélange de l’Afrique de l’Ouest et de l’Amérique Latine. Sept vidéo projecteurs diffusent des images sur les six fenêtres latérales du bus ainsi que sur le pare-brise avant : un spectacle scénarisé, monté et mixé sur sept points de diffusion, de manière à ce qu’il n’ait ni début ni fin (52’ en boucle). Le dispositif technique étant bien sûr totalement invisible pour le public.
Sur le pare-brise avant : un enchaînement de travellings face. C’est la vidéo projection des travellings face qui donne la parfaite illusion du mouvement et installe véritablement le spectateur dans la position d’un passager. On aurait presque envie de sentir le bus vibrer...
Les séquences de ce « film documentaire » monté sur sept écrans ont été tournées entre le Venezuela, le Brésil, le Pérou, le Sénégal, le Mali et le Burkina Faso, dans les transports en commun... Quelques minutes à bord d’un autocar, d’une pirogue, ou d’un train. Lenteur du temps qui passe, regards perdus vers le dehors, ennui, envies, rêveries, rencontres...
La mise en espace des différentes séquences documentaires tournées dans les transports en commun permet de réunir dans un même lieu, des personnages physiquement séparés par plusieurs milliers de kilomètres, des personnages qui appartiennent à des cultures radicalement différentes. C’est ainsi qu’une jeune et jolie vénézuélienne aux allures provocantes se rendant sur la plage pour le week-end se retrouve assise à côté d’un vieux marabout égrenant son chapelet et partant vendre un mouton au marché de Doudou. C’est le spectateur lui-même qui va, de par ses choix, participer à la réunion de tel personnage avec tel autre.
Le simulateur permet d’éprouver un nouveau rapport au documentaire. C’est une approche ludique de la découverte de l’autre par la mise en espace du cinéma. C’est une aventure personnelle où chacun lit le film, se rapproche des personnages à son rythme. C’est une relecture sur sept écran d’un même instant qui induit une temporalité lente, proche de la marche.
Comme les images, les sons se parlent, se répondent, s’imbriquent les uns dans les autres, créant un espace sonore où la diffusion simultanée des différentes séquences a été pensée pour que les voix, les musiques, ou les cliquetis des transports en commun se complètent sans se polluer. Le mixage final, dans l’espace, est travaillé de manière à obtenir un rendu global du son, tout en respectant certains détails propres à chacune des séquences. Il nous permet également d’agir physiquement sur le spectateur, en attirant son attention sur une image, puis sur une autre, le guidant parfois dans la lecture des plans qui s’offrent à lui.
Certaines séquences vidéo d’un tout autre genre ponctuent régulièrement le spectacle. Nous appellerons ces séquences des escales. C’est un travail sur les gestuelles quotidiennes mais aussi sur les musiques et les danses rencontrées dans les pays traversés.
Dans le salon documentaire
LE VENDEUR D’AIL - Casamance 2001, de Sylvain Grolleau, 26’
Ousmane a 24 ans, il vit à Ziguinchor, en Casamance. Il était destiné à exploiter la plantation de
manguiers de son père, mais elle a été minée par les rebelles, qui demandent l’indépendance de la région depuis plus de 20 ans. Ousmane se retrouve donc à vendre de l’ail sur le marché, il rêve de voyages en Europe...
LES DIABLES DE CHUAO - Venezuela 2002, d’Emmanuelle Vié Le Sage, 26’
Voyage au cœur d’une fête afro caribéenne, « !Les Diables de Chuao ! » dévoilent la créativité culturelle d’un village de la côte vénézuélienne. Descendants des esclaves africains d’une des plus anciennes plantations de cacao d’Amérique Latine, les habitants de Chuao se sont réappropriés une fête catholique d’origine européenne. Musique et danse rythment la vie quotidienne du village mais aussi le rituel étrange du Corpus Christi...
AMOURS ZOULOUS - Afrique du Sud 2003, de Emmanuel Bidou, 52’
Dans un village de la région du Natal, en Afrique du Sud, les femmes sont les gardiennes du foyer. L’absence des hommes, partis travailler en ville, instaure une organisation de la vie te du travail dirigée par les femmes. Mazungu, Maxulu et Ganephi nous racontent comment elles vivent la polygamie, la séparation avec leur mari, leurs relations avec les autres femmes, la belle famille, les éventuels amants. Entre douleur et légèreté, le film met en scène le feuilleton quotidien des femmes zouloues. Comment amour, amitié et jalousie pimentent leur vie d’éternelles travailleuses.
Autour du bus : le déambulatoire
PHOTOGRAPHIES ET VIDEO DOCUMENTAIRE d’Ann Cantat
« Transes gnawa » / Tanger et Essaouira 2001-2002
EMPREINTES VIDEO de Sylvain Grolleau
sur des musiques de Pierre Michel Weyl et Sébastien Guérive
« La Vague » - « La Feuille » - « La Dune et le Nénuphar » / Venezuela et Brésil 2001-2002
PROPOSITIONS PHOTO ET VIDÉO de Fabienne Savary, de Sarah Letousey, d’Aurélie de Quillack et de Christine Bouteiller, de Jacques Henri Biderman et d’Emmanuelle Bidou.
Photos, vidéos, dessins et textes / Sénégal, Mali, Burkina Faso, et Afrique du Sud 2000-2003
Plus loin: http://www.lecaravanserail.com
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