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Notes vagabondes
Pendant deux mois, Raoul Jehl a sillonné le Burkina Faso, à la rencontre des musiciens, un piano dans ses bagages.

Durant l’été 2006, je suis parti sur les routes du Burkina-Faso. Je n’étais pas seul, mais accompagné de mon piano ! Ainsi, j’ai joué dans des villes et des villages, sur des marchés et lors de fêtes. J’ai eu la chance de rencontrer de nombreux musiciens locaux.
Des rencontres grâce à la musique
Les voyages que j’ai réalisés ont tous été l’occasion de rencontres passionnantes et enrichissantes. Ma passion pour la musique m’a tout naturellement poussé à rechercher les artistes locaux et à découvrir ainsi des cultures musicales différentes. Grâce à la musique, ma compréhension des différentes cultures et modes de vie est devenue meilleure.`
La nécessité d’un échange
J’ai beaucoup reçu lors de ces rencontres. Il me semble essentiel de pouvoir donner à mon tour en faisant entendre la musique classique européenne aux populations locales. Ce n’est qu’à cette condition qu’un véritable échange s’instaure et, dans cette démarche de solidarité internationale, la musique peut concrètement rapprocher les personnes de cultures différentes.
Une région musicalement intéressante
La musique du Burkina Faso et du Mali est extrêmement variée. Les instruments et les pratiques musicales diffèrent en fonction des régions et des peuples qui y vivent. De plus , la musique provient de traditions très anciennes et occupe encore un rôle social important.
Extraits de son carnet de route :
Les échanges musicaux sont toujours interessants et soulèvent invariablement la même question aupres de mes auditeurs : CA VEUT DIRE QUOI ?..... Vaste entreprise que d’y repondre. C’est vrai ça, ce prélude et fugue de Bach, cette sonate de Beethoven et cette étude de Ligeti, quelle est leurs messages ?
Je parle alors de sentiments, d’emotions, d’interpretation, de ressenti subjectif... Pas très convainquant ! A quoi bon faire de la musique si elle ne dit rien de précis et de clairement comprehensible pour chacun ?
La musique ici signifie des choses bien precises : les paroles bien sûr, qui décrivent l’histoire des individus, des familles, des villages et des peuples. Aujourd’hui, sur des musiques traditionnelles, les paroles sont différentes : on parle de mariage force, d’excision et de sida. La musique traditionnelle est un outil capital dans ces grands combats. Elle est très efficace car elle va partout et est comprise de tous.
Les rythmes parlent aussi : l’autre jour, j’etais étonné d’entendre une première pièce sans paroles (premier pièce est forcement une pièce de louange). Et regulierement, les gens du public applaudissaient ou remerciaient. On m’a dit que le musicien, sur sa calebasse, parlait des grands parents de certaines personnes. Incroyable : tout le monde reconnaît ses ancêtres grâce au rythme auquel ils sont identifiés !
La musique africaine est donc une musique "utile". Pas vraiment de poésie mais la mémoire et surtout sa transmission, orale.
Photo : © Raoul Jehl
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