Transkoreana

“Pour bien voyager, voyager petit. Et ainsi pouvoir se fondre dans les villes et les paysages, les recevant dans leur grandeur comme dans leurs plus infimes détails. Surtout donner aux gens la possibilité de vous faire une place sur le pas de leur porte, voire autour de leur table. Être petit, c’est tenir dans leurs mains. J’avais déjà un peu cette idée en tête lorsque, en octobre l’an dernier, je tombais dans un bazar de Kwangmyung-shi, banlieue de Séoul, sur ce qui allait devenir le meilleur guide de mon périple en Corée : une petite moto en plastique de 7 cm de long. Cette rencontre n’était pas le fruit du hasard. Depuis une semaine, j’arpentais les marchés et les magasins pour enfant de Séoul à la recherche d’une moto jouet qui pourrait me servir de compagnon de voyage”.
Intégrant systématiquement l’objet dans ses clichés, incitant les personnes photographiées à entrer dans le jeu, les “motographies” de Marc Lathuillière montrent un autre visage de la Corée. Au delà des barrières de la langue et de la culture, une complicité se crée entre le photographe et son sujet.
Né en 1970 près de Paris, Marc Lathuillière ne s’est lancé dans la photographie d’art qu’après février 2003, date à laquelle il est arrivé à Séoul pour un contrat de journaliste radio à KBS. Une réponse par l’image aux chocs que, plus que la trentaine de pays qu’il a visité, la Corée lui a donnés. Il a cependant déjà exporté son jeu photographique vers d’autres horizons : la Birmanie avec un robot rouge, et le Japon avec un insolite calamar en peluche. Reporter indépendant depuis bientôt dix ans, il a d’abord couvert l’actualité politique en Afrique de l’Est (Soudan, Érythrée, Ouganda) pour des journaux comme Libération, avant de se tourner vers le journalisme de voyage, avec une prédilection pour l’Asie. Marc Lathuillière est également écrivain : après « Anathème », un récit noir, il prépare un second roman.
